MaPrimeRénov' collectif et copropriétés
MaPrimeRénov' Copropriété finance la rénovation énergétique des parties communes des immeubles collectifs : 30 % ou 45 % des travaux selon le gain énergétique, avec des bonus pour les passoires énergétiques et les copropriétés fragiles.
Par Joris Oliva-Perez, fondateur et président d’Ezper · Mis à jour le 28 octobre 2026
MaPrimeRénov' Copropriété : un dispositif dédié aux parties communes
MaPrimeRénov' Copropriété est le volet collectif de MaPrimeRénov'. Il finance les travaux de rénovation énergétique des parties communes des copropriétés, ainsi que les travaux d'intérêt collectif réalisés sur les parties privatives. Contrairement au volet individuel (aide aux ménages pour leur logement), il cible des travaux votés en assemblée générale et portés par le syndicat des copropriétaires.
L'aide est demandée par le syndic au nom du syndicat des copropriétaires, versée au syndicat, puis répartie entre les copropriétaires selon les tantièmes. Elle finance 30 % ou 45 % du montant des travaux, selon le gain énergétique obtenu, dans la limite d'un montant de travaux de 25 000 € par logement. Des bonifications s'ajoutent pour les immeubles très énergivores et pour les copropriétés fragiles.
Conditions d'éligibilité et barème
Pour être éligible, la copropriété doit notamment :
- compter au moins 75 % de lots (65 % pour les copropriétés de 20 lots ou moins), ou à défaut de tantièmes, à usage d'habitation principale ;
- réaliser des travaux permettant un gain énergétique d'au moins 35 % pour le premier palier d'aide, et d'au moins 50 % pour le second ;
- être à jour de son immatriculation au registre national des copropriétés ;
- produire une évaluation énergétique.
L'accompagnement par un opérateur d'assistance à maîtrise d'ouvrage (AMO) est obligatoire. L'Anah en finance 50 %, dans la limite de 600 € HT par logement pour une copropriété de plus de 20 logements et de 1 000 € HT par logement pour une copropriété de 20 logements ou moins, avec un minimum de 3 000 € par copropriété.
Une copropriété est dite fragile si son taux d'impayés atteint au moins 8 % du budget de l'année N-2, si elle est située dans un quartier du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU), ou si elle est en difficulté au sens du Code de la construction et de l'habitation.
| Condition | Aide pour la copropriété |
|---|---|
| Gain énergétique d'au moins 35 % | 30 % du montant des travaux, plafonné à 25 000 € par logement |
| Gain énergétique d'au moins 50 % | 45 % du montant des travaux, plafonné à 25 000 € par logement |
| Bonus « sortie de passoire » : immeuble en classe F ou G qui atteint au moins la classe D | +10 points de taux |
| Bonus copropriété fragile ou en difficulté | +20 points de taux, si les CEE sont valorisés exclusivement par l'Anah |
| Primes individuelles pour les copropriétaires occupants | 3 000 € par logement (ressources très modestes), 1 500 € (ressources modestes) |
Conditions : au moins 75 % de lots d'habitation principale (65 % si 20 lots ou moins), vote en AG. Copropriété fragile : +20 points. Dossier déposé par le syndic auprès de l'Anah.
Travaux éligibles : enveloppe et systèmes
MaPrimeRénov' Copropriété finance les travaux qui améliorent la performance thermique globale du bâtiment.
- Isolation de l'enveloppe : isolation des murs par l'extérieur, de la toiture-terrasse ou des combles, du plancher bas (sous-sol non chauffé), remplacement des fenêtres des parties communes.
- Systèmes collectifs : chaufferie biomasse, pompe à chaleur collective, raccordement à un réseau de chaleur, solaire thermique collectif pour l'eau chaude. Depuis le 1er janvier 2025, l'installation d'une chaudière au gaz n'est plus financée ; pour les dossiers déposés jusqu'au 31 décembre 2026, elle peut encore être prise en compte dans le calcul du gain énergétique, sans que son coût soit financé.
- Travaux induits : nécessaires à la bonne réalisation des travaux (déplacement de canalisations, reprise de façade après isolation).
Les travaux doivent être réalisés par des entreprises qualifiées RGE (reconnu garant de l'environnement). Les travaux dans les parties privatives qui ne sont pas d'intérêt collectif relèvent du volet individuel de MaPrimeRénov'.
Travaux réalisés par entreprise RGE (Reconnu Garant de l'Environnement). Annuaire sur france-renov.gouv.fr.
Calcul du gain énergétique de 35 % : la méthode
Le calcul du gain énergétique est l'un des points les plus techniques du dossier. Il compare l'état du bâtiment avant travaux et l'état projeté après travaux, en énergie primaire (kWhep/m².an). Plusieurs méthodes d'évaluation restent admises jusqu'au 31 décembre 2026 ; au-delà, la méthode de calcul du DPE (3CL-DPE-2021) devra être appliquée.
Le passage en énergie primaire utilise un coefficient de conversion de 1,9 pour l'électricité depuis le 1er janvier 2026 (2,3 auparavant) et de 1 pour le gaz. Le calcul est réalisé par un bureau d'études ou un auditeur qualifié.
Pour une copropriété classée E ou F, atteindre 35 % de gain demande en général de combiner des travaux d'enveloppe (isolation des murs) et de systèmes (production de chaleur), et pas un seul poste. Le tableau ci-dessous applique simplement un gain de 35 % aux seuils de consommation du DPE ; la classe finale dépend aussi des émissions de gaz à effet de serre.
| Classe DPE actuelle (énergie) | Consommation (kWhep/m².an) | Consommation après un gain de 35 % | Classe énergie indicative après travaux |
|---|---|---|---|
| G | Plus de 420 | Plus de 273 | E, F ou G selon le point de départ |
| F | 330 à 420 | 215 à 273 | D ou E |
| E | 250 à 330 | 163 à 215 | C ou D |
| D | 180 à 250 | 117 à 163 | C |
Procédure de dépôt et rôle du syndic
La procédure se déroule en cinq étapes.
- Étape 1 — Audit énergétique ou projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT). Le PPPT est obligatoire pour les copropriétés de plus de 15 ans depuis la loi Climat et Résilience ; l'audit énergétique est obligatoire pour les copropriétés d'au moins 50 lots équipées d'un chauffage collectif. Ces études identifient les scénarios de travaux et chiffrent les gains attendus.
- Étape 2 — Désignation de l'AMO, obligatoire : il assiste le syndicat dans le montage du dossier, le choix des entreprises et le suivi des travaux. La demande d'aide pour l'AMO peut être déposée avant celle des travaux.
- Étape 3 — Vote en assemblée générale des travaux, selon les règles de majorité de la loi du 10 juillet 1965, et de la demande d'aide.
- Étape 4 — Dépôt du dossier auprès de l'Anah par le syndic, avec l'évaluation énergétique, les devis des entreprises RGE et le procès-verbal d'assemblée générale.
- Étape 5 — Instruction par l'Anah, décision d'attribution, réalisation des travaux, puis versement du solde sur présentation des factures.
Financement global du projet de rénovation copropriété
La rénovation d'une copropriété combine en général plusieurs sources de financement.
- MaPrimeRénov' Copropriété finance 30 % ou 45 % du montant des travaux, davantage avec les bonifications.
- Les certificats d'économies d'énergie (CEE) peuvent s'y ajouter pour les copropriétés qui ne sont ni fragiles ni en difficulté. Les fiches pertinentes sont les fiches résidentielles BAR, par exemple BAR-EN-101 (isolation de combles ou de toiture), BAR-EN-102 (isolation des murs) et les fiches BAR-TH applicables aux systèmes collectifs. Pour les copropriétés fragiles, les CEE sont valorisés par l'Anah en contrepartie du bonus de 20 points.
- Les aides des collectivités (région, département, métropole) complètent souvent le plan de financement, avec des montants variables selon les territoires.
- L'éco-prêt à taux zéro « copropriétés », souscrit par le syndic pour le compte du syndicat, finance le reste à charge des copropriétaires occupants ou bailleurs de résidences principales, jusqu'à 50 000 € par logement selon les travaux, sur 20 ans maximum.
- La TVA à taux réduit de 5,5 % s'applique aux travaux de rénovation énergétique des logements achevés depuis plus de deux ans.
Exemple de montage pour une isolation des murs par l'extérieur sur 20 logements (400 000 € de travaux, gain d'au moins 50 %, copropriété non fragile) : Anah 180 000 € (45 %), CEE 40 000 € (10 %), aides locales 20 000 € (5 %), éco-PTZ des copropriétaires 100 000 € (25 %), fonds de travaux 60 000 € (15 %).
AMO : assistance à maîtrise d'ouvrage. Obligatoire pour tout dossier ; financée à 50 % par l'Anah, dans la limite de 600 € ou 1 000 € HT par logement.